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Chroniques
par George© George
De quoi sont faits les débuts de printemps. Il y a déjà les bras nus, encore un peu marqués par l’étranglement des vêtements sur la chair tendre. Déjà trop de peau.
Voici venue la saison où je ne peux pas, et où je tiens bon. Encore un an, encore quelques décennies à ne pas pouvoir et tenir bon, la vieillesse viendra peut-être apaiser tout ça, égaliser les corps.
L’apprentissage des gestes qui sauvent, depuis j’ai l’impression que la mort guette à chaque coin de rue, que le devoir m’appelle, quelqu’un git au sol, peut-être du vomi, vas-y toi, tu sais.
Quand un grand vigile ébène dans son costume étriqué court à perdre haleine après un voleur en parka criarde, je pense au tissu du pantalon qui va peut-être craquer dans sa course, au jeune qui dans quelques mètres sera à terre, le choc de sa joue contre le ciment, les os, la peau malmenée, tout est toujours une histoire de peau au printemps, même le sordide.
Pendant ce temps les gens s’arrêtent pour voir, je n’entends que les claquements de ses talons sur les pavés, il court si vite, la salive gicle de sa bouche déformée, autour de moi la nonchalance grégaire des premiers beaux jours.
Ce printemps commence comme finit l’été il y a dix ans. Je me rappelle ces jours passés prostrés devant la télé, je me souviens de Sophie sous sa vieille couette, immobile sur le canapé, genoux remontés, son petit corps blond replié d’horreur devant la télé. Tous les jours on passait des heures à regarder les infos, les mêmes images folles rediffusées en boucle, oh my god oh my god.
Les panaches de fumée, les corps qui tombent, les minuscules silhouettes, des tâches sur l’écran.
Plus que la nature de la catastrophe c’est son avènement même qui nous retint, tout à coup il se passait quelque chose qui dépassait notre quotidien saturé. Un goût morbide nous poussait à écouter dans les moindres détails les raisons, les schémas scientifiques, les conséquences mondiales.
Aujourd’hui l’attrait n’a pas diminué, et je suis presque déçue de ne plus pouvoir passer 2h devant le récit de la peur nucléaire, la répétition nauséeuse. La nouvelle guerre me lasse, trop banale.
Ce printemps commence comme tant d’autres, les fourmis dans le ventre, les envies inavouées, les projets qui maintiennent un semblant d’unité. Une belle couche de regrets par dessus, mais sous le soleil t’inquiète pas, ça reste supportable.
par MédéMr Freeze Mood
Atlas Sound - Logos
Projet personnel de Bradford Cox, leader torturé de Deerhunter, Atlas Sound réussit le mélange de la légèreté pop/laptop avec quelques finesses expérimentales proches d’animal collective.
Étienne Jaumet - Night Music
Sortie des formations Zombie Zombie et Married Monk, Étienne Jaumet nous sert un très grand cru éléctronica 2009. "Night Music" produit par Monsieur Carl Craig laisse libre court aux dérives psychés, rétro futuristes et minimales de ce multi-instrumentiste.
Kings Of Convenience - Declaration of depandence
Le duo acoustique minimaliste norvégien nous revient 5 ans après leur "Riot On Empty Street". Toujours aussi mélancolique, la folk d’Eirick Clambekboe et Erlend Oye est la bande son idéale des lendemains post-party qui déchantent.
Turzi - B
"B" de Turzi, second album de sa trilogie sortie sur Record Mackers est un panaché génial de sons krautrock, électronique et psychédélique servit par une production impeccable au son gonflé à bloc de "Max" Heyes (Primal scream).
